Les vers de terre n’ont pas de poumon, l’oxygène traverse leur peau très fine et perméable sous laquelle il y a des vaisseaux sanguins très fins qui vont capturer le dioxygène. L’humidité est indispensable à la respiration du ver de terre : sa peau ne sera perméable que si elle est humide. Quand le temps est sec, certains vers de terre creusent des galeries plus profondes pour rester humides.
Sous terre, certains sens qui nous semblent indispensables sont bien inutiles. Sans oreille et sans nez, les vers de terre sont sourds et ne détectent pas les odeurs. Ils ne possèdent également pas de véritables yeux mais des cellules photosensibles placées à l’avant et à l’arrière de leur corps. Les vers de terre ont aussi un sens du toucher et de la gravité qui les aide à s’orienter dans leur système de galeries.
Les vers plats à tête de marteau peuvent dépasser les 30 centimètres de long et sécrètent une toxine qui leur permet de paralyser et de "digérer" leurs proies en dehors de leur corps. Le ver plat à tête de marteau est une espèce envahissante originaire d'Asie qui se propage aux États-Unis et en Europe, en se cachant probablement dans la terre humide des plantes en pot expédiées à l'international.

Le ver plat à tête de marteau est une espèce envahissante originaire d'Asie qui se propage aux États-Unis et en Europe, en se cachant probablement dans la terre humide des plantes en pot expédiées à l'international. PHOTOGRAPHIE DE Matt Bertone
Un ver à l’allure étrange envahit de nombreux jardins à travers l’Europe et les États-Unis. Cette créature est capable de se reproduire en se divisant en deux et de sécréter la même toxine que celle qu’utilisent les poissons-globes pour se défendre. « Les vers plats à tête de marteau sont particulièrement abondants et répandus aux États-Unis, mais leur apparence paraît si étrangère que les personnes qui les trouvent ont de fortes réactions », explique l’entomologiste Matt Bertone, directeur de la Clinique des maladies des insectes et des plantes à l’Université d’État de Caroline du Nord.
Les vers plats, qui peuvent dépasser les 30 centimètres de long, capturent et se nourrissent d’autres animaux au sol tels que des vers ronds, en excrétant une toxine paralysante. « Leur digestion se fait à l’extérieur de leur corps », révèle Raupp. « Ils aspirent ensuite les tissus et les ramènent dans leur tube digestif. » Cette toxine n’est normalement pas dangereuse pour les humains. « La toxine elle-même ne traverse pas la peau, mais elle peut être nocive si elle est ingérée ou si elle pénètre d’une manière ou d’une autre dans la circulation sanguine », reprend Bertone. « D’après mes calculs, il faudrait manger plusieurs vers pour être empoisonné. »
Bertone considère que « la peur des vers plats à tête de marteau est disproportionnée par rapport au faible danger qu'ils représentent ».
Des verts géants et toxiques envahissent les jardins français
Blake Saengerhausen a l’habitude de rencontrer des insectes rampants tels que des scorpions, des tarentules et des mille-pattes. Toutefois, lors d'une visite de routine en juin, l’homme, copropriétaire de l’entreprise d’extermination Deep Six Pest Control à Seguin, au Texas, a trouvé des vers marteaux du genre Bipalium en grand nombre. Ces derniers sont reconnaissables grâce à leur tête en forme de pelle et leur corps rayé d’un brun jaunâtre. « Nous avons commencé à sortir tout ce qui se trouvait dans la serre, et il y en avait partout. Nous les avons aspergés de sel et ramassés à la cuillère, mais je suis presque sûr que nous ne les avons pas tous trouvés. »
Bien que ces vers soient relativement nouveaux sur le sol américain, ils sont présents depuis le début du 20e siècle et ne constituent qu’un groupe parmi les nombreux vers plats qui vivent dans les jardins du pays. « Les vers plats à tête de marteau sont originaires des tropiques de l’Ancien Monde, notamment de l’Afrique et de l’Asie », explique Bertone. « Ils ont besoin d’humidité pour survivre… On les trouve souvent sous les rochers et les troncs d’arbre, où l’humidité est relativement élevée. Si l’habitat est trop sec, ils meurent. »
Les vers plats à tête de marteau peuvent pondre des œufs, mais ont aussi la capacité de se reproduire grâce à un processus connu sous le nom de scissiparité, décrit Raupp. « Ils peuvent se séparer en deux. Les deux parties se régénèrent alors pour créer de nouveaux corps complets ». Les vers plats se nourrissent d’autres vers de terre et utilisent une toxine pour capturer leurs proies. « Ils aspirent les tissus et les ramènent dans leur tube digestif », précise Raupp.
Selon le professeur, c’est la première observation de invertébrés terrestres produisant et sécrétant cette neurotoxine. « Lorsque nous transportons des produits dans le monde entier, nous déplaçons également des créatures, des plantes, des animaux et des microbes vers de nouvelles régions », explique Raupp. « Cette vérité est indéniable et malheureuse. »

Il existe trois types principaux de vers de terre : les épigés (de surface), les endogés et les anéciques. Attention - les vers de compost ne sont pas les vers que l’on trouve souvent dans le jardin en retournant la terre. Il existe quatre espèces de vers de compost. Le ver de compost vit à la surface ou à 12 cm sous terre maximum et se nourrit de matières végétales en décomposition, mais ne mange pas de terre. Il se déplace en construisant des terriers à différents endroits et peut s’enfoncer et s’hiberner en période froide ou chaude.
Les vers de terre jouent un rôle clé dans l’aération, la structure et la stabilité du sol et permettent une meilleure disponibilité des nutriments. Ils labourent la terre et créent un réseau de galeries qui permet l’aération et l’infiltration de l’eau, diminuant l’érosion et le ruissellement. Leurs turricules enrichissent le sol en minéraux et en azote, agissant comme un engrais naturel. Ils favorisent aussi le développement des racines et une meilleure fertilité du sol.
En France, près de 140 espèces de vers de terre ont été répertoriées et plusieurs espèces exotiques menaçant Lombricus terrestris apparaissent surtout dans le sud et dans les jardins. Les vers de terre représentent une biomasse importante, environ 1 tonne par hectare en moyenne, pouvant aller jusqu’à 4 fois selon les milieux. Ils sont indispensables à la vie du sol et sont souvent considérés comme des ingénieurs de l’écosystème ou des espèces clé de voûte.
Pour prévenir la dispersion des espèces invasives, l’USDA conseille de nettoyer ses affaires d’extérieur et d’éviter de transporter des plantes en pot avec leur terre. Des solutions simples existent comme le recours à des méthodes douces pour protéger les lombrics et leur habitat, plutôt que de les éliminer systématiquement. D’autres chercheurs soulignent l’importance de préserver les vers de terre comme acteurs essentiels de la fertilité et de la santé des sols, notamment dans les contextes où l’épuisement des sols est une inquiétude croissante.

Indicateur de la qualité et de l'état du sol, le ver de terre contribue à la biologie du sol par la formation de galeries, l’infiltration de l’eau et l’aération, tout en fournissant des turricules riches en nutriments. Le ver rajeunit les sols et les maintient fertiles, et c’est un acteur clé dans les sols agricoles et forestiers. En dépit de leur importance, leur statut juridique est complexe et leur protection mériterait d’être renforcée dans les politiques environnementales.
- Les vers de terre se différencient par leur taille, couleur, mobilité et longévité; les épigés sont de surface, les endogés creusent horizontalement, et les anéciques vivent en profondeur et remontent la nuit.
- Les vers plats à tête de marteau, invasifs, présentent des risques pour les microfaunes, mais restent gérables avec des mesures de surveillance et de prévention adéquates.
- Pour encourager les vers de terre dans les jardins, privilégier l’encion humide, un paillage organique, et éviter le labour profond et les produits chimiques nuisibles.
Caractéristiques et identification
Les lombrics mesurent généralement entre 5 et 30 cm, présentent une couleur allant du rose au marron et disposent d’un corps mou et visqueux, couvert d’un mucus pour l’hydratation. Le milieu reproductif est localisé autour du clitellum, et la tête se situe près de l’extrémité fine.
Rôles écologiques et pratiques
Leur activité améliore l’aération, la structure et la stabilité du sol et favorise l’activité microbienne. Les turricules, riches en minéraux et en azote, nourrissent les plantes. Le labourement par les lombrics facilite l’enracinement des plantes et la stabilité du sol. L’action des vers de surface et des endogés permet une meilleure infiltration de l’eau et une réduction de l’érosion.