Alors que Halloween approche à grands pas, nous ne pouvions décemment pas faire l’impasse sur le sujet de la peur, la frayeur, la grosse pétoche qui vous submerge et vous met le frisson quand il faut aller aux toilettes en pleine nuit (ndlr : ça, c’est du vécu !).
Et pour bien aborder ce thème, on avait envie de causer de celui qui est certainement le plus grand des auteurs ayant œuvré pour nous terroriser : Howard Phillips Lovecraft.
H. P. Lovecraft n’a pas connu le succès de son vivant, publié au sein de revues pulp comme Weird Tales, et naquit à Providence, mais il ne rencontrera cette dernière qu’après sa mort.
Aujourd’hui, les éditions Bragelonne, conjointement avec Sans-Détour, permettent de redécouvrir cet auteur d’une importance capitale, qui a inspiré une tonne d’artistes depuis bien des dizaines d’années.
Les trois tomes de Cthulhu le mythe nous présentent les textes précisément situés dans l’univers captivant qu’a construit Lovecraft, avec divinités indicibles et monstres venus d’ailleurs.
Une présentation claire et parfaitement orchestrée des textes
Apprêtez-vous à trembler sur des pages et des pages, avec des histoires lisibles indépendamment mais dont le fil rouge est la guerre de l’ombre et la menace insidieuse qui vise à rétablir d’anciennes dominations impies.
Des nouvelles pour vous faire frémir, provoquer des cauchemars et vous faire prendre conscience de la force phénoménale de l’univers lovecraftien.
Signalons que les textes bénéficient de nouvelles traductions, et que l’éditeur montre une attention particulière à sa clientèle.
Tout débute par une introduction signée par Jérôme Bouscaut, 43 pages destinées à ceux qui découvriraient l’auteur à l’occasion de cet achat, et l’exercice est réussi.
Il rappelle que cet univers a ensuite été creusé par un véritable cercle d’auteurs, et que mythologie il y a en grande partie grâce à ces écrivains passionnés.
On pense évidemment à August Derleth, qui a posé le terme de « mythe de Cthulhu », et Bouscaut évoque les répercussions de l’œuvre dans la culture jusqu’à nos jours, y compris le jeu vidéo.
Les aficionados remarqueront que certains titres ont été modifiés pour mieux coller à l’esprit des intitulés originaux, et la cohérence demeure generally satisfaisante malgré quelques changements.
Cthulhu le mythe Tome 1
La sélection est surprenante et bien vue : des récits moins connus mais d’une force indéniable, réhabilitant des textes souvent oubliés.
Lire ce tome, c’est se rappeler au bon souvenir d’un des auteurs les plus doués du XXe siècle, toutes catégories confondues.
Parmi les textes : L’horreur à Dunwich et sa créature épouvantable, Le Cauchemar d’Innsmouth et sa fuite sur les toits, la folie furieuse de la cérémonie impie du Festival, et Celui qui chuchotait dans les Ténèbres avec ses créatures charriées par l’inondation.
Étrangement, L’Appel de Cthulhu se démarque par sa structure éclatée, laissant un sentiment légèrement perplexe chez certains lecteurs.
Le tome 1 propose aussi un très beau portfolio intitulé Les terres de Lovecraft en images, avec seize photos en noir et blanc représentant des lieux qui inspirent les textes.
Aux éditions Bragelonne, en partenariat avec Sans-Détour, Tome 1 : 430 pages, 25 euros, préfacé par Jérôme Bouscaut et traduit par Maxime Le Dain et Sonia Quémener.
Cthulhu le mythe Tome 2
La suite s’ouvre sur un démarrage en douceur et propose un portfolio Les Créatures du mythe, illustré par Loïc Muzy, qui offre une matérialisation visuelle des monstres lovecraftiens.
Comme pour le tome 1, certains titres ont été revus - Les Montagnes hallucinées deviennent Les Montagnes de la démence - mais le sens original est mieux préservé.
Cette édition réunit 13 nouvelles, équilibrant bien les récits emblématiques et ceux à redécouvrir, avec une progression logique dans l’exploration des Grands Anciens.
On explore notamment des récits qui étendent l’univers et son approche par la peur issue des conséquences plutôt que de la description explicite.
La suite se conclut par Les Montages de la démence, l’un des textes les plus renommés, et le volume Tome 2 offre une expérience globalement convaincante.
Tomé 2 : 378 pages, 25 euros, traduit par Arnaud Damaegd, éditions Bragelonne et Sans-Détour.
Cthulhu le mythe Tome 3
Le troisième volume poursuit sur l’équilibre et apporte son portfolio, avec des dessins de Loïc Muzy qui embellissent l’intérieur du livre.
Ce tome commence plus lentement, avec Le Livre comme récit inachevé, mais La Maison maudite et Les Rats dans les murs restent des pièces majeures, tout comme Herbert West, réanimateur et Le Monstre dans la caverne.
Le volume se conclut par L’Affaire Charles Dexter Ward, où apparaît pour la première fois Yog-Sothoth, et qui demeure un moment fort du recueil.
Tomé 3 : 374 pages, 25 euros, traduit par Arnaud Damaegd, éditions Bragelonne et Sans-Détour.
Adaptations cinématographiques et autres explorations
Ré-animator de Stuart Gordon est sans doute la plus réussie des adaptations cinématographiques lovecraftiennes, en grande partie grâce à une ambiance soignée et à des effets glauques.
L’antre de la folie de John Carpenter rend hommage au maître de l’effroi et privilégie la peur par l’ambiance plutôt que par une démonstration graphique.
L’appel de Cthulhu est une adaptation muette en noir et blanc, réalisée avec budget réduit mais bourrée d’idées et de passion pour Lovecraft, fidèle à l’esprit de l’œuvre.
Des profondeurs de R’lyeh nous viennent vingt et une nouvelles inédites, réunies par S. T. Joshi, figure majeure de Lovecraft et garant d’un socle critique solide.
Le projet ultime autour de l’œuvre de Lovecraft
Une sélection d’auteurs de premier plan, puisant dans l’œuvre de Lovecraft, explore les abîmes cachés de l’esprit humain et développe des concepts créés par le maître, pour les mener vers de nouvelles directions.
Le résultat : des histoires totalement originales, dont certaines mettent Lovecraft lui-même en scène, réunies par S. T. Joshi, spécialiste mondial du sujet.
Les nouveautés ne s’arrêtent pas là : Bragelonne et Sans-Détour annoncent le recueil ultime sur le Mythe, incluant une introduction de Jérôme Bouscaut et un portfolio Les Terres de Lovecraft, qui propose une visite guidée des lieux inspirants pour l’auteur.
Le livre est accompagné d’illustrations originales qui renforcent l’atmosphère et en font un objet collector, et l’équipe souligne la collaboration riche entre Bragelonne et Sans-Détour pour ce projet ambitieux.
Tremblez à l’approche du 17 février et découvrez une œuvre où Lovecraft continue d’inspirer cinéastes, écrivains et joueurs de rôle, avec notamment L’Appel de Cthulhu et des textes traduits et réédités pour une meilleure lisibilité modernae.
Pour ceux qui l’ignorent, le mythe de Cthulhu est au cœur de l’œuvre: un panthéon de dieux et d’êtres monstrueux resurgissent pour prendre possession du monde, et ceux qui en sont témoins basculent dans la folie et la destruction.
En conclusion, l’édition Bragelonne/Sans-Détour réunit une trilogie mature et réfléchie, avec des textes réinvestis, des portfolios fascinants et une introduction qui éclaire les fondements du Mythe, afin de proposer une expérience complète et exigeante pour les amateurs comme pour les néophytes.

Le Cinéma Lovecraftien
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