Quitter la Terre du Milieu et déménager à Poudlard : une immersion dans les mutations architecturales et narratives

On sait que Poudlard a connu de nombreux changements depuis sa construction il y a plus de 1000 ans par les quatre fondateurs de l’école de sorcellerie; Au cinéma, il en est de même. Rien d’étonnant lorsque JK Rowling parle elle-même du château comme d’un personnage vivant capable à la fois d’avoir des escaliers mouvants qui n’en font qu’à leur tête mais aussi avec la Salle sur Demande qui nous fournit ce que l’on veut. Plan dessiné par JK Rowling pour Stuart Craig. Les différents réalisateurs des films de Harry Potter ont eu plein loisir de faire modifier l’architecture de Poudlard, soit par goût personnel, soit par nécessité de tournage pour certaines scènes.

Un réalisateur parmi les autres a introduit une modification architectural très forte, Alfonso Cuaron, réalisateur de Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban. Bien que le troisième film soit souvent décrié par les fans, on peut néanmoins lui donner crédit d’avoir su profondément moderniser la saga et les prises de vue. Après deux premiers films réalisés par le talentueux Chris Columbus, il était temps de faire sortir les acteurs de l’enfance. En effet les deux premiers Harry Potter restent assez simple dans leur réalisation alors que le Prisonnier d’Azkaban commence à développer un univers de plus en plus sombre où l’on sent bien que l’ombre de Voldemort et de ses sbires plane de plus en plus sur le monde magique.

Dans la construction de son « Poudlard », Cuaron a souhaité y intégrer la tour de l’horloge mais aussi la cour. Ces éléments charismatiques et parfaitement mis en lumière dans son film seront conservés pour les autres films. Ceux-ci ont été modifiés notamment pour le 7ème et 8ème film où la cour sera agrandie et la fontaine retirée comme dans L’Ordre du Phénix. Dénuée de fontaine, la cour a été élargie pour L’ordre du Phénix. Sur les deux précédents opus, les scènes d’extérieurs et notamment dans les cours étaient généralement tournées dans la cathédrale de Durham ou à Oxford. Le réalisateur ne voulait pas les dissocier de « son » Poudlard et a donc fait rajouter cette extension à l’immense maquette que l’on peut voir à la fin de la visite des Studios de Leavesden. La maquette de Leavesden, qui a intégré les deux cours.

Cuaron a fait ce choix en accord avec la thématique principale du livre qui est celle du temps. Un thème récurrent qui revient tout au long du livre et qui fait partie du dénouement final. Ainsi pour réussir à illustrer ce temps et l’inscrire visuellement au sein même du château, il a fallu créer cette grande tour de l’horloge avec son immense pendule que l’on peut d’ailleurs voir à taille réelle à Leavesden. Ce pendule fera d’ailleurs parti d’un des décors de la Grande Salle lorsque Harry et ses camarades passent les Buses, ou tentent de les passer plutôt. L’horloge que l’on retrouve à Leavesden. L’apport de la cour et de l’horloge dans ce troisième opus de la saga permet d’amener quand même une nouvelle fraicheur visuelle, permettant des plans plus naturels mais aussi plus réalistes que les raccords opérés dans les deux précédents films entre les différents lieux de tournages.

Cuaron nous propose ainsi une véritable nouveauté visuelle que l’on peut aussi apercevoir sur d’autres changements plus discrets dans l’architecture du Château notamment pendant l’inoubliable séquence du premier vol de Harry sur le dos de Buck l’hyppogriffe. Détail intéressant et qui ne se voit pas nécessairement à l’écran sauf si on a un oeil très affuté, c’est que les sculptures présentes sur la fontaine au centre de la cour représentent les emblêmes du drapeau mexicain avec l’aigle et le serpent. C’est un clin d’oeil du réalisateur à son pays d’origine. Autre petit détail, c’est que cette cour va changer de lieu dans le Château à plusieurs reprises, si dans le troisième, elle se trouve à l’arrière du château et mène à Pré-au-Lard, dans les épisodes suivants, elle est rapatrié à l’avant du château et son entrée donne immédiatement sur le hall d’entrée et la Grande salle. Dans les Animaux Fantastiques, cela semble également le cas. On l’appelera d’ailleurs à partir de ce moment, la cour du viaduc puisqu’elle donne directement sur le célèbre viaduc de Poudlard.

annabethfan a écrit : jeu. Je suis complètement à l'ouest j'ai oublié de poster hier Sorry ! Sinon dans ce chapitre vous allez découvrir la fameuse famille Grims. Le nom complet et canon est Grimsditch, mais j'ai pris la liberté de changer pour des raisons historiques qui seront expliquées. Vous allez également découvrir un personnage important (ou plutôt le redécouvrir pour ceux qui ont lu le bonus La Divine Tragédie de Perripuce) : Leonidas Grims Hé coucou toi ! . Issu à l'origine de L'héritage d'Ilvermorny, c'est lui qui a été le premier trait d'union entre nos univers à Perri et moi, et finalement il nous appartient un peu à toutes les deux. Voire il a été inventé pour créer cet univers partagé haha ! J'espère que vous aimerez !

La suite suit des échanges familiaux et des détails de portraits et de chambres qui permettent de comprendre les liens entre générations et lieux. Julián et Charlotte découvrent des éléments de l’histoire familiale à travers les portraits et les objets, comme l’Abrégé des sortilèges, et les réflexions sur la mémoire et les portraits sorciers. La visite des étages et des chambres révèle une hiérarchie familiale, des lieux privés et des espaces communs, tout en rappelant que la demeure est construite sur des fondations magiques évolutives.

La narration mêle ainsi l’expérience du déménagement à Poudlard avec une méditation sur la mémoire, le temps qui passe et les tensions entre générations. Isadora apparaît comme une figure centrale, porteuse d’un lien avec Aurélia et d’un passé difficile, mais aussi d’une autorité pragmatique qui organise le quotidien et les déplacements dans le château. Le décor, à la fois ancien et en mouvement, devient le reflet des dynamiques familiales et de l’univers magique partagé.

Éléments clés et transitions architecturales dans l’univers Harry Potter

  • La cour et l’horloge: des ajouts de Cuaron qui introduisent le thème du temps et offrent une nouvelle dynamique visuelle à la Grande Salle et aux transferts entre les lieux.
  • La fontaine et les sculptures: des détails qui signent des choix personnels du réalisateur et des clins d’œil culturels, notamment mexicains.
  • La maquette Leavesden: extension et réajustement des plans pour intégrer les nouvelles zones visibles dans les films.
  • Les lieux extérieurs: Durham et Oxford restent des repères visuels, tandis que les tournages s’accordent avec « le château qui évolue ».
  • Les transitions entre les étages: une architecture qui s’agrandit ou se rétrécit selon les générations et les besoins narratifs.

Le déménagement narratif entre les mondes et les films montre que l’architecture de Poudlard n’est pas statique mais participe activement à la dramaturgie, au même titre que les personnages et les intrigues. Chaque modification répond à une intention thématique et narrative, que ce soit la tonalité plus sombre du troisième opus ou l’extension des cours et des espaces pour les besoins des personnages et des scènes.

Portraits et personnages comme révélateurs de l’espace

La présence des portraits et des figures familiales dans les couloirs et les chambres sert à refléter les liens entre passé et présent. Isadora, grand-mère, agit comme guide et médiatrice entre les générations, tout en rappelant les tensions autour d’Aurélia et des souvenirs sacrés dans la demeure familiale.

La pièce maîtresse reste le château lui-même, qui, à travers ses tours, ses horloges et ses cours, devient un personnage vivant susceptible d’influencer le récit et les choix des protagonistes. C’est dans ce cadre mouvant que s’imbriquent les aventures de Jules et Charlotte, tout en conservant l’empreinte des traditions et des secrets qui traversent les générations.

Plan et éléments architecturaux de Poudlard

🕰️ L'HORLOGE (CLOCK) - CRITIQUE

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