Encore un beat’em all signé Capcom sur Arcade. Tower of Doom est peut-être mon meilleur souvenir de jeu sur borne d'arcade et, en 1992, c'était énorme. Avec ses deux écrans collés côte à côte et ses quatre sticks, la borne impressionnait.
Tower of Doom vous permet de suivre les tribulations d’une compagnie d’aventuriers qui traverse le vaste monde de Mystara, en quête de monstres à occire et d’or à amasser. Mystara est une des plus célèbres campagnes de Donjons & Dragons, historiquement et géographiquement différente de Féérune, mais dont la faune et les principales composantes demeurent assez semblables.
Les quatre personnages jouables se situent dans la tranche habituelle de sélection des beat them up d’arcade, qui s’étend du gros bœuf survitaminé au frêle éphèbe à la souplesse inégalée. On retrouve ainsi le nain, lent et doté d’une faible allonge mais incroyablement costaud. Deuxième pur combattant, le guerrier est un peu moins fort mais mieux équilibré que son collègue courtes-pattes. Le clerc est quant à lui physiquement encore un cran en-dessous des deux autres mais dispose de nombreux pouvoirs curatifs et de soutien.
Les personnages disposent d’un panel fourni de coups de lames et d’enchaînements qui confèrent un rythme et une prestance exceptionnelles aux féroces combats qui se dérouleront dans les terres perdues de Mystara, ainsi que de la faculté de parer coups et projectiles ennemis avec leurs boucliers. Tous peuvent également utiliser des dagues, un arc à flèches, des marteaux de jet et des fioles d’huile enflammées, histoire de varier les plaisirs. Pour parachever le génocide de gobelinoïdes, le clerc et le mage disposent en outre de leurs pouvoirs magiques (boule de feu, projectiles magiques, lutte contre les morts-vivants, soins mineurs, etc.).
Tower of Doom est un jeu sur CPS-2 programmé par les virtuoses de chez Capcom, et offre de grands sprites superbement animés, une variété de mouvements impressionnante et une fidélité inattendue à l’univers AD&D, sur la forme comme sur le fond. La bande sonore offre des bruitages de haute qualité, et on peut savourer le grognement rauque du troll ou les petits couinements des kobolds mêlés au bruit de frottis de l’acier lorsqu’il entre en contact avec l’os. Les musiques restent dans des thèmes épico-médiévaux, avec ruées sauvages de violons et visions d’une pinte de bière brune versée dans le crâne d’un ogre-mage.
Les adversaires standards sont des kobolds, mais on rencontre également des ours-hibou, des gnolls, des troglodytes, des squelettes-guerriers, des chiens de l’enfer et plusieurs variétés d’insectes agressifs. Evidemment, license AD&D oblige, Tower of Doom inclut de très légers éléments de RPG dans cette grande séance de dératisation. Les ennemis abattus laissent derrière eux pièces d’or, pièces d’argent, breloques diverses et armes de jet en tous genres, menue monnaie avec laquelle vous pourrez acheter davantage d’armes de jet dans le magasin au début de chaque stage. Les ennemis tués rapportent également de l’expérience, ce qui aura pour effet d’augmenter votre barre de vie à la fin de chaque niveau. On peut également choisir son chemin à certains moments de l’aventure (par exemple, aller libérer la mine ou bien foncer en ville pour repousser la horde de monstres). Tower of Doom comprend donc nettement plus de stages que ce que l’on peut apercevoir en une seule partie.
Tower of Doom est un beat them all resplendissant, à l’atmosphère fascinante et à la réalisation superbe. De plus, Tower of Doom est loin d’être aussi basique et limité que la majorité de ses confrères, et les multiples coups, attaques secondaires, et ennemis aux modes d’attaques variés en font un jeu finalement assez technique, bien que ce terme paraisse presque incongru compte tenu de la nature tout de même « brutale » du jeu.
Évidemment, par rapport à son successeur, le grandiose, impérial, fantasmagorique Shadow over Mystara, Tower of Doom paraîtra parfois un peu limité, manquer d’adversaires réellement impressionnants et de rebondissements scénaristiques et offrir une progression parfois trop classique, mais on ne peut pas lutter face à la perfection.

En conclusion, Tower of Doom reste une référence du genre, mêlant action rapide, éléments d’AD&D et une direction artistique Capcom indélébile. Les boss, les environnements et les transitions entre les scènes renforcent une immersion qui demeure marquante pour les amateurs de beat'em up et de RPG léger sur borne d’arcade.
Dungeons & Dragons: Tower of Doom (Arcade vs Sega Saturn) Side by Side Comparison
Des images et sons qui restent mythiques dans l’univers arcade des années 90.