Incontestablement, Vampire Hunter D : Bloodlust est un excellent introductif à l’animation japonaise pour ceux qui, comme moi, n’ont pas connu grand-chose en dehors des dessins animés des années 80, du fameux "Akira" ou encore de "Ghost in the Shell".
Sorti sur un seul écran parisien, "Vampire Hunter D : Bloodlust" a connu par la suite un succès mérité - bien que confidential - auprès des fans de mangas.
Le film, coproduit avec les USA, demeure un étendard exemplaire de la culture contemporaine nipponne, experte dans le rebrassage et la digestion d'inspirations diverses.
La trame convoque directement ou indirectement des personnages clés de l’histoire des vampires, de Carmilla à Dracula en passant par la comtesse Elizabeth Báthory, sans jamais sombrer dans le kitsch.
Le dynamisme du cinéma fantastique japonais n'est plus un secret.
Le Japon a déjà assimilé la mythologie gothique des vampires du monde anglo-saxon.
Avec VAMPIRE HUNTER D : BLOODLUST, nous voyageons dans un futur lointain…
En effet, sans atteindre la perfection visuelle d'un "Akira" (difficilement surpassable), la réussite et la virtuosité formelles de "Vampire Hunter D : Bloodlust" n'en restent pas moins incontestables.
La proposition est honnête, mais l'auteur ne peut s'empêcher de faire la fine bouche.
Le film de Yoshiaki Kawajiri s’inscrit dans la dynamique transmédia typique des productions japonaises, où les licences sont déclinées sur une multitude de supports.
Il s’agit d’un récit post-apocalyptique violent où l’humanité survit à peine et où les Nobles - les vampires de sang pur - ont accru leur influence, réduisant les vivants à du simple bétail.
Dans les faits, la proposition est une œuvre totale, où le chara design, la musique, le scénario et l’animation rivalisent à armes égales.
La musique de Marco d'Ambrosio accompagne une atmosphère haletante, fiévreuse et solennelle.
Chaque décor bénéficie d'une définition remarquable et enchanteresse, et chaque cadrage exploite ses possibilités dans un montage très fluide.
Pas de doute, de ce côté-là, le manga animé n'a rien à envier au cinéma traditionnel !
Privilégiant l’émotion tout en n’oubliant pas d’offrir un étourdissant spectacle d’actions fantastiques, Kawajiri choisit intelligemment un découpage économique et elliptique lors des confrontations.
Le petit bémol revient aux personnages, à leur psychologie et à leurs dialogues.
Ainsi, l’adaptation d'un roman en douze volumes offre une galerie variée de héros et de monstres, mais leur exploration en une heure et demie peut s'avérer sommaire.
Pourtant, des scènes et confrontations intenses permettent de saisir rapidement le caractère des protagonistes.
Mais le cliché va de pair, ce qui est bien dommage.
Leila se distingue comme une jeune chasseuse vengeresse, et Charlotte, victime amoureuse et consentante, apporte une réelle originalité.
Les aventures dévoilent les mutants de Barbarois et le clan Markus, qui restent quelque peu caricaturaux.
Le talon d’Achille principal demeure Kolt, le démon incrusté dans la main de D.
Bloodlust s’inscrit dans la continuité d’autres adaptations de l’œuvre d’Hideyuki Kikuchi, ponte de la littérature horrifique locale.
Un premier film réalisé en 1985 par Toyoo Ashida avait déjà transposé les péripéties du protagoniste dans D, sobrement baptisé D.
Ce long-métrage propose une adaptation fidèle mais peut sembler rester en deçà des ambitions initiales de Kikuchi.
Le récit propose un monde où l’Homme n’est plus au sommet de la chaîne alimentaire, imaginant dès 2000 à quoi ressemblerait la fin du règne humain…
La suite est réservée à nos abonnés.
Un univers et une atmosphère vraiment renversants, et tout est là pour y contribuer: des dessins et couleurs saisissants, des musiques parfaitement adaptées, des personnages très charismatiques et des dialogues très bons!
J’ai tout de suite été séduit par l’univers de ce film d’animation à cheval entre le western, la SF, le fantastique et le gothique.
L’animation est splendide et soutenue par une BO magnifique.
Le scénario est un peu plus basique avec des touches de poésie et d’action qui cohabitent.
Sorti en 2000, Vampire Hunter D: Bloodlust est la deuxième itération d’une licence qui a déjà connu un premier film en 1985.
À l’origine, il y a la série de romans de Hideyuki Kikuchi et illustrés par Yoshitaka Amano, débutée en 1983 et toujours en cours.
Profitant de la situation, les Nobles ont accru leur influence, réduisant les vivants à du simple bétail.
La trilogie et les influences croisées offrent une vision riche du genre, oscillant entre science-fiction, western et gothique.
Le clou du métrage reste sa dernière demi-heure dans le château de Carmilla, où les décors mêlent différents styles architecturaux occidentaux dans un foisonnement baroque.
Porté par la musique grandiose, l’affrontement final symbolise un sommet de l’histoire du cinéma d’animation.
VAMPIRE HUNTER D : BLOODLUST est un chef-d’œuvre, une merveille visuelle doublée d’une bouleversante histoire d’amour.
Des amateurs de cinéma d’épouvante traditionnel passent sans doute à côté de ce film, parce qu’il s’agit d’un dessin animé japonais et parce qu’il a souffert d’une distribution limitée.
Il s’agit pourtant du plus beau film de vampires de ces dernières années.
Le combat entre Meier Link et D, à travers la course-poursuite avec la diligence, constitue une épreuve semée d’embûches et révèle les motivations des protagonistes.
La romance entre Charlotte et Meier pousse le récit à interroger le choix du destin et les sentiments cachés des personnages.
Les interrogations ne manquent pas tout au long du film, tout comme les rebondissements et les révélations sur Carmilla.
Le dynamisme des scènes d’action, l’élégance du trait et la furie du style racé restent constants tout au long de l’œuvre.
Le film montre que le genre peut être hybride tout en conservant une forte identité visuelle et narrative.

Official Trailer - Vampire Hunter D: Bloodlust - Remastered
En somme, Vampire Hunter D : Bloodlust est une entrée remarquable dans la filmographie d’animation japonaise, marquée par une direction artistique maîtrisée, un univers riche et une musique qui porte l’ensemble avec une intensité rare.
tags: #vampire #bloodlust #animalisme