Dungeons III : cœur du donjon, attaque sur ennemis invisibles et équilibre RTS sur consoles

Le genre RTS est très peu représenté sur consoles... C'est toujours un peu compliqué de faire un aperçu d'un jeu sorti il y a déjà plusieurs années, porté sur une autre console. Et c'est d'autant plus vrai avec un type de jeu qui, historiquement, ne fait pas souvent bon ménage avec les consoles, en l'occurrence ici les RTS.

Vous incarnez le Mal absolu, qui a réussi à conquérir le monde et qui commence à s'ennuyer un petit peu. Et par un habile ressort scénaristique super original (non, pas tant que ça en fait), vous apprenez qu'il y a, par-delà les mers, de nouveaux territoires à conquérir. Cet objectif va du coup être l'occasion de sortir un peu plus du donjon et d'aller conquérir de nouvelles terres, au lieu de se contenter de défendre son repaire. Mais attention, cet aspect de défense n'est quand même pas négligé. La construction, et surtout la défense du donjon, restent au cœur des préoccupations.

Contexte et identité de Dungeons III

Le scénario va vous mener au long de 20 missions pour mener votre guerre, avec comme objectif premier, comme dans tout bon RTS, la collecte de ressources, permettant de construire, recruter de nouvelles forces, effectuer des recherches et également fournir un habitat et du confort correct à vos troupes. En effet, tout Mal absolu que vous êtes, vous n'êtes pas à l'abri d'une grève. Un narrateur sera là tout au long de votre ascension pour vous guider, vous prodiguer quelques conseils et faire son boulot, à savoir narrer l'histoire, non sans une bonne touche d'humour. À noter qu'en plus, ces dialogues sont intégralement doublés en français. C'est plutôt assez rare pour un jeu qu'on pourrait qualifier de AA.

Le gameplay se découpe en deux phases, d'un côté la gestion du donjon et l'exploration, et de l'autre un aspect RTS d'envoi de troupes à la surface pour affronter les forces du Bien. L'équilibre entre ces deux facettes est central et peut dérouter au premier abord. Les deux modes se mêlent pour offrir une expérience qui reste fidèle à l'esprit Dungeon Keeper tout en y ajoutant une narration généreuse et des combats en surface plus classiques.

Deux phases de gameplay et dynamique de conquête

Dans le donjon, on creuse pour créer des salles et découvrir des ressources, recruter des troupes et améliorer ses monstres. Dans la surface, on commande des unités dans des combats en temps réel, avec la nécessité d'exploiter des îles et des ressources malfaisantes pour progresser. Il faut donc un mélange réfléchi entre développement du Sous-monde et offensives à la surface. L'interface sur Switch a été retravaillée avec de nombreux raccourcis et combinaisons qui facilitent la gestion, même si le joystick demeure parfois laborieux.

Le sous-monde est riche en salles et en pièges, avec des options comme un cimetière pour relever les ennemis en zombies, une prison pour transformer les cadavres, ou une salle de torture pour des dérivations humoristiques vers des unités avancées. Cependant, certains reprochent une pauvreté relative de l'exploration souterraine et une présence quasi inexistante d'un combat de donjons réellement hostiles contre des donjons adverses dans certaines configurations, notamment en multijoueur.

La campagne combine des objectifs variés comme des rituels démoniaques, la libération de prisonniers ou l'alimentation d'un ogre musicien, offrant une variété de défis qui mêlent des unités de mêlée, à distance et des soigneurs, dirigées par le héros ou les Titans de chaque faction. Le mode coopératif en ligne est jouable, permettant à deux joueurs de gérer conjointement donjon et surface, pour le meilleur et le pire.

Conception du donjon et contrôle des troupes

La construction du donjon s'inspire fortement de Dungeon Keeper : creuser, nourrir, loger et payer vos monstres, qui gagnent des niveaux en combat. L'absence d'un contrôle direct des troupes en surface est compensée par un système où l'on peut micromanager les compétences des créatures et les accompagner avec des sorts débloqués dans le donjon. L'or et la malfaisance alimentent les améliorations et les nouvelles unités, et il faut veiller à l'ergonomie et à la sécurité du donjon pour éviter les grèves et les entrées synchronisées des héros.

La surface introduit un aspect plus direct de type STR, avec un contrôle en temps réel et des objectifs variés comme des rituels ou des défis qui mélangent des unités de mêlée, à distance et de soutien. On peut aussi s’affranchir des micro-gestions lourdes lors des raids, afin de se concentrer sur l’action principale, tout en conservant les possibilités de soutien par sorts et améliorations.

Problèmes et limites

Le Sous-monde est souvent jugé pauvre en contenu exploratoire et en diversité, ce qui constitue un reproche majeur. En multijoueur, l’absence d’attaque du sous-monde adverse et une focalisation sur l’entrée du cœur peut sembler décevante pour les joueurs cherchant un véritable front souterrain. L’interface, conçue pour la manette, peut être perfectible sur console et le rythme, parfois brutal, tranche avec l’essence plus lente et stratégique de certains joueurs PC.

Néanmoins, le jeu réussit à combiner les plaisirs du donjon management et du RTS surface, et à offrir un peu d’humour, de références culturelles et une narration soignée, portée par une voix française de qualité qui renforce l’immersion et le côté parodique du titre.

Histoire, humour et références

Le récit présente le Mal absolu, lassé après les événements des préquels, qui découvre un nouveau continent soumis au Bien et s’appuie sur Thalya, une elfe noire élevée par les paladins, pour étendre son empire. L’humour est un pilier du jeu, avec des dialogues absurdes et des parodies de clichés de l’heroic fantasy, rendant l’expérience divertissante pour les amateurs de fantasy et de références aux univers connus comme Warcraft, Diablo ou Dragon Ball. Cette approche humoristique est parfois perçue comme écrasante par moments, mais elle donne au jeu une identité forte et mémorable.

Techniquement, le jeu ne réinvente pas les standards, mais l’aspect cartoon des créatures et les musiques qui accompagnent l’action créent une ambiance agréable, sans être mémorables. Le mélange des mécaniques de Dungeon Keeper et d’un RTS façon WarCraft est novateur et efficace dans l’ensemble, malgré des lourdeurs d’interface et des choix de conception qui peuvent freiner certains joueurs.

Conclusion interrogative sur l’expérience globale

Quoi qu’il en soit, Dungeons III reste une proposition ambitieuse qui tente d’unir gestion de donjon et RTS dans un seul paquet, tout en offrant une expérience coopérative et des contenus variés. Pour les fans de Dungeon Keeper et de l’univers heroic fantasy, le jeu propose une aventure drôle et dense, où chaque salle, chaque piège et chaque improvement compte dans la survie du donjon et la conquête du monde.

illustration donjon et surface en déploiement

[FR] DUNGEONS 3 PC gameplay découverte de la campagne - Dungeon Keeper like - ép 1

En résumé, Dungeons III propose une expérience hybride qui peut séduire ceux qui aiment gérer un donjon tout en commandant des troupes sur le champ de bataille, tout en restant accessible sur console grâce à une interface retravaillée, mais qui peut laisser sur le bord ceux qui recherchent une expérience RTS pure et profonde.

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