Ce texte explore l’attrait cinématographique autour du thème du loup-garou, en s’appuyant sur les éléments fournis et en les réorganisant pour offrir une vue d’ensemble cohérente et détaillée. Il retrace les origines, les réalisations et les héritages du mythe dans le cinéma d’horreur et dans la culture populaire des années 80, tout en évoquant des œuvres ultérieures qui ont continué d’alimenter l’imaginaire lycanthropique.
Genèse et contexte du clip THRILLER
C’est l’année suivante, afin de lancer le single éponyme, qu’il vient à la star l’idée de réaliser un clip spectaculaire. Celui-ci prendra la forme d’un court-métrage, dans lequel se mélangeront la chanson et le film d’horreur. D’une durée inédite de quatorze minutes, le clip sera réalisé par John Landis. Par delà les superlatifs, THRILLER est aujourd’hui ancré dans les souvenirs de tous les enfants et adolescents qui le découvrirent au début des années 80. C’est chez Michel Drucker, dans l’émission CHAMPS-ÉLYSÉES, que le clip a été diffusé pour la première fois le 17 décembre 1983, au début des vacances de Noël. Allez savoir pourquoi, à l’époque, tout le monde était collé devant ce rendez-vous musical du samedi soir. Et donc, tout le monde s’est pris THRILLER en pleine poire lorsqu’il est apparu en milieu de soirée. Le truc, c’était que je fermais les yeux dès qu’il y avait de l’horreur, c’est-à-dire que je regardais le tout en pointillé, à la fois fasciné et terrorisé. N’empêche que, comme tout le monde, ma seule envie était de revoir ce machin cent fois d’affilée. Ainsi acceptais-je sans sourciller que mes parents l’enregistrent sur VHS dès la diffusion suivante (le clip étant souvent passé à la télé ensuite).
Afflux de personnalités et influences
Le clip THRILLER, le clip, a été diffusé pour la première fois sur MTV le 2 décembre 1983. Il est aujourd’hui notoire que la petite histoire est également édifiante : Un soir, Michael Jackson regarde le film LE LOUP-GAROU DE LONDRES réalisé par John Landis. Fasciné par la séquence de transformation, il téléphone en plein milieu de la nuit à Landis et lui demande de lui réaliser un clip avec un loup-garou. Le clip est également l’occasion de convoquer du beau monde : C’est Rick Baker, le spécialiste à l’œuvre sur LE LOUP-GAROU DE LONDRES qui hérite de la charge des effets spéciaux et du maquillage. John Landis rappelle également le grand Elmer Bernstein, déjà présent sur le film précité, afin qu’il s’occupe des quelques parties musicales horrifiques. Pour l’anecdote, on raconte que le tournage du clip éveillait la curiosité des stars et que Marlon Brando, Rock Hudson et Jackie Kennedy seraient venus y assister. Fred Astaire aurait également participé à une répétition pour le fun et il s’en est fallu de peu qu’il apparaisse dedans !
Autres œuvres majeures et évolution du thème
La seule année 1981 voit déjà trois films emblématiques de la lycanthropie, avec WOLFEN, LE LOUP-GAROU DE LONDRES et HURLEMENTS. WOLFEN est un film américain réalisé par Michael Wadleigh. Le pitch : A New-York, dans le Bronx, un riche promoteur et sa femme sont sauvagement assassinés dans un quartier abandonné, proche de la ruine. Avant toute chose, WOLFEN est une étonnante déclinaison effectuée sur le mythe du loup-garou. Du début à la fin, le mystère demeure sur les origines et sur l’identité réelle de ces loups cachés au cœur de la ville et, même si le film suggère qu’ils puissent être des fantômes, réceptacles de l’âme des indiens et des animaux jadis exterminés par l’homme blanc et son industrie, il appartient au spectateur de se faire sa propre opinion. Les scènes de poursuites en caméra subjectives sont restées célèbres car Michael Wadleigh expérimentait les effets de la caméra infrarouge afin de suggérer la vision surnaturelle des loups. En second lieu, WOLFEN marque une date car, à le revoir aujourd’hui, on se dit que ce type de cinéma a complètement disparu. Comme s’il marquait un peu la fin d’une époque, où les acteurs n’étaient pas choisis pour leur physique mais pour la justesse de leur personnage, où les films prenaient le temps de raconter leur histoire sans chercher à remplir un cahier des charges, où l’on réalisait tout simplement un long métrage au service de son histoire, et non l’inverse. C’est ainsi que WOLFEN nous parle du choc des cultures, des méfaits de la colonisation et des affres de la civilisation industrielle, quand les fantômes de l’Amérique ancestrale sont voués à se nourrir des rebuts de l’homme moderne. Et c’est ainsi qu’au-delà de cette métaphore sociopolitique, l’élément fantastique selon WOLFEN est un fantastique diffus, presque alternatif, tandis que l’atmosphère envoûtante de la mise en scène (appuyée par le score de James Horner) s’évertue à ménager les effets horrifiques tout en laissant aux protagonistes le temps d’exister, et d’articuler autour de ces derniers tout le suspense et l’intérêt de l’intrigue. Et pourtant, Michael Wadleigh désirait un film de 2H30 dont le montage lui échappera complètement au final, ce qui le contrariera au point de lui faire quitter le métier de réalisateur !
Bon, il faut l’avouer : Celui-ci a énormément vieilli. Ce ne sont pas tant les effets spéciaux, révolutionnaires pour l’époque, qui restent encore assez impressionnants, mais plutôt le reste ! Le jeu des acteurs est daté, la mise en scène est très lente, bavarde et parfois théâtrale. Pourtant, il est toujours possible d’adorer le film ! Une fois digéré le poids des ans, l’ensemble possède un charme fou, et l’on se surprend à sursauter devant une poignée de scènes incroyablement sanglantes pour l’époque. Certaines scènes apparaissent comme de somptueuses toiles gothiques, notamment celle dans laquelle un couple fait l’amour sauvagement en pleine forêt, tout en se transformant en loups sous le clair de lune (Rrrrrr ! Réalisé par Joe Dante, le film possède un style fortement encré dans les années 70. Il est moins maîtrisé que LE LOUP-GAROU DE LONDRES, réalisé un peu plus tard (avec toujours Rick Baker aux commandes des effets spéciaux). Mais d’un autre côté, il assume pleinement son statut de série B et étale généreusement ses références. Et le cinéphile averti de repérer tout du long les clins d’œil adressés à l’Histoire du cinéma, version loup-garou. Ainsi, de nombreux personnages du film portent le nom d’un réalisateur de film de loup-garou (George Waggner, Roy William Neill, Terence Fisher, Freddie Francis, Erle C.), la scène de transformation principale tient encore la route et demeure bien craspec, avec moult dégoulinements d’hémoglobine. Plus de trente ans après sa réalisation, HURLEMENTS demeure comme une des pierres angulaires de la figure lycanthropique dans le domaine du 7° art. Et voilà donc le film par lequel THRILLER a vu le jour. Dans la forme, le délicieux équilibre entre comédie, drame et horreur est aujourd’hui encore un modèle d’écriture cinématographique. A noter d’ailleurs que les dialogues, très sophistiqués, qui font la part-belle au célèbre humour « so british », sont absolument géniaux et n’ont pas pris une ride. Mais le principal attrait du film réside bien évidemment dans cette cultissime scène de transformation en pleine lumière, qui traumatisa toute une génération de cinéphiles exactement comme le fit à une autre époque les KING KONG par Willis O’brien et les 7° VOYAGE DE SINBAD par Ray Harryhausen. Depuis, le maître Baker s’est imposé comme un véritable modèle dans l’industrie du cinéma. Pour le coup, cette scène de transformation en particulier a marqué l’histoire des effets spéciaux d’une pierre blanche.
Le lien entre THRILLER et le cinéma lycanthrope
Le pitch : Isolée dans sa chambre au cœur de sa maison bourgeoise, Rosaleen, une jeune adolescente, rêve qu’elle mène une existence de conte de fée. Elle se voit vivre avec sa famille au cœur d’une forêt du siècle précédent. Lorsque sa grande sœur est tuée par une meute de loups, elle part vivre un temps chez sa grand-mère, à l’autre bout de la forêt. La vieille femme lui raconte tout un tas d’histoires dont le but est d’éveiller la conscience de Rosaleen sur la menace des loups mais aussi des hommes, qui risquent de s’intéresser bientôt à cette jeune femme naissante. Mêlant l’univers des fables avec le genre de l’horreur, le film de Neil Jordan est assurément l’une des œuvres de fiction les plus originales et les plus intelligentes dédiées à la figure du lycanthrope. Le traitement est toutefois unique en son genre car il est pimenté d’une orientation horrifique et de quelques scènes gores qui ne destinent pas la chose aux enfants. Ce long métrage à l’atmosphère envoûtante ne ressemble ainsi à aucun autre et nous transporte dans une époque aujourd’hui révolue où le cinéma grand public pouvait tout se permettre. Mais, THRILLER, ce n’est pas que du loup-garou.
Sur ce second dossier, on ne va pas être exhaustifs car, face aux quatre films précités (et même si HURLEMENTS a connu moult suites - minables), il faudrait leur opposer toute une armada de longs-métrages. Ainsi, lorsque le spectateur averti voit les morts-vivants sortir de leurs tombes et arpenter les rues dans THRILLER, reconnait-il ses classiques. En ce temps là, je me souviens que certains programmes du samedi soir, en tout début de soirée, diffusaient des bandes-annonces de certains film d’horreur tant le genre pullulait dans les salles de cinéma. Il convient évidemment de citer l’influence de LA NUIT DES MORTS-VIVANTS, réalisé par George Romero en 1969, le film fondateur du genre. Car avant lui, le zombie était le plus souvent un cadavre revenu à la vie, voire un homme transformé en robot par quelque culte vaudou. C’est avec LA NUIT DES MORTS-VIVANTS que les codes du film d’horreur moderne se mettent en place. Dès son film suivant sur le même thème, Romero entérine le principe, repris l’année suivante par Lucio Fulci dans L’ENFER DES ZOMBIES. Il va de soi que l’humour au pays des morts-vivants ne vient pas non plus de nulle part, puisqu’il était déjà discrètement à l’œuvre dans CREEPSHOW et EVIL DEAD. Michael Jackson racontera plus tard qu’il flippait en se regardant dans un miroir une fois son maquillage appliqué.
- THRILLER: court-métrage emblématique et tournage mythique avec Landis et Baker.
- WOLFEN et HURLEMENTS: premières incarnations et mises en scène lycanthropes des années 80.
- Évolution stylistique: effets spéciaux, mise en scène et réception critique tardive mais durable.
Ainsi se termine notre article, sachant que nous retrouverons encore Michael Jackson et le fantastique horrifique dans GHOST, moyen-métrage musical réalisé en 1997 par Stan Winston, grand spécialiste des effets spéciaux et du maquillage qui travaillait déjà sur THRILLER dans l’ombre de Rick Baker. Bouillant !
