Rocroi se prépare à revivre l’été 1815 sur deux jours avec une reconstitution historique ambitieuse intitulée « Rocroy dans la tourmente, la fin d’un empire ». Grandiose, spectaculaire, fantastique, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier l’événement qui réunit plus de 300 figurants en uniforme d’époque et promet un véritable bond dans le passé.
Cette initiative vise à retranscrire au plus fidèlement possible les événements qui se sont déroulés durant l’été 1815, en retraçant près de 60 jours de siège de la place forte de Rocroi en un week-end, selon le scénariste Jean-Michel Roget.
Après la défaite de Waterloo et la fuite de Napoléon le 18 juin 1815, Rocroi devient une étape clé dans l’épisode tumultueux qui suit. Les soldats de l’empereur, blessés, se soignent à l’hôpital militaire de la commune et, peu après, les troupes prussiennes du maréchal Blücher menacent la cité fortifiée. Alors que l’empereur a déjàabdiqué pour la seconde fois, les Rocroyens vont subir un siège de près de deux mois.
Dans un premier temps, les civils se réfugient dans la caserne de cavalerie, puis ils sont évacués au fil des semaines. C’est un principe de guerre qui consiste à ne laisser aucune place forte derrière soi, rappelle le maire Denis Binet, expliquant l’utilité pour les Alliés de faire tomber Rocroi lors de leur avancée.
Lors des bombardements, mortier, obusier et canons résonnent, tandis que des escarmouches françaises visent à repousser l’ennemi. Le gouverneur, le colonel Projean, organise la défense de la ville et, au fil des semaines, plusieurs demandes de reddition sont formulées sans succès jusqu’au 15 août.
Pour offrir une expérience immersive et crédible, rien n’a été laissé au hasard. Les soldats français porteront des uniformes d’époque: porte sabre, giberne, shako et fusil à silex réglementaire de 1777, fabriqué à Charleville-Mézières. « Les Français étaient tout au plus 400 soldats de la Garde nationale et ils défendaient la ville. Face à eux, il y avait 10 000 hommes », précise un historien local, majoritairement des Prussiens.
Pour dynamiser le spectacle, en plus des bivouacs où l’on peut voir vivre les soldats comme en 1815, des escarmouches improvisées et des démonstrations d’artillerie avec tirs de canons sont au programme. Plusieurs épisodes marquants du siège seront rejoués: la bataille de nuit devant la porte de France, les sorties françaises qui ont entraîné la destruction de deux bâtiments alliés, les trois demandes de reddition refusées, l’évacuation des civils, le procès de trois soldats et la capitulation qui ponctuent le week-end.
L’organisation, millimétrée, prévoit aussi des démonstrations de soins après les batailles et une exposition mettant en lumière le rôle des vivandières et du service de santé. Pour animer cette manifestation unique, 35 compagnies de passionnés, venues de Belgique, de France, d’Allemagne, de Suisse et d’Italie, participeront à la reconstitution. Fusillés, mousquetaires et chasseurs s’affrontent sous les ordres du commandant en chef et du chef de place.
« C’est une reconstitution, pas un spectacle », affirme Jean-Michel Roget. Cette précision souligne l’objectif pédagogique et historique du week-end, qui promet une immersion fidèle et captivante dans l’épique siège de Rocroi.

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