À la rentrée prochaine, je devrais avoir (au moins) une classe de CE1. Avec le temps et l’expérience, certaines choses commencent à être acquises et je suis davantage à l’aise dans ce niveau. Je maîtrise mieux le programme et je gagne du temps dans mes préparations. Cette année, pour m’aider dans mes traditionnelles préparations des grandes vacances, j’ai choisi d’utiliser un planificateur.
Un planificateur pour quoi faire ?
Un planificateur sert, comme l’indique son nom, à planifier. C’est-à-dire, me rendre compte où je vais, dans chaque domaine. J’ai donc réalisé un tableau avec l’ensemble des compétences à acquérir en CE1. Celles-ci sont numérotées en fonction du domaine auxquelles elles appartiennent. Afin d’y voir plus clair et de gagner du temps sur la réalisation de mes programmations, j’ai également noté à quelle période sera travaillée chaque compétence. Cela sera, bien évidemment, davantage détaillé dans les programmations annuelles.
Quelles compétences pour quels niveaux ?
Dans notre école, pour se faciliter le travail et éviter les redondances de séquence entre les différents niveaux d’un même cycle, nous avons choisi de répartir les compétences sur chaque niveau. Bien évidemment, nous avons tenu compte des recommandations des nouveaux programmes. Pour la petite histoire, il m’arrive parfois d’aller un peu plus loin, lorsque mes élèves en sont capables…
Les documents
Le planificateur vierge (CE1) Le modèle de page de garde et les compétences CP et CE1 pour toute l’année à mettre dans les cahiers/lutins/pochettes des élèves ainsi que le tableau des compétences avec les codes correspondants. Je fais ensuite un tableau avec les codes dans la première colonne et les prénoms de mes élèves dans les autres colonnes.
Que vous soyez en ville ou à la campagne, l’automne qui s’amorce avec la chute des feuilles est la saison idéale pour travailler sur la vie des arbres. L’objectif général de cette progression est bien entendu l’acquisition de connaissances scientifiques concernant le monde végétal. Observer les arbres qui se dénudent petit à petit induit presque automatiquement les questions suivantes : pourquoi les arbres perdent-ils leurs feuilles en automne ? Laissez les élèves émettre leurs hypothèses, et notez-les au tableau. Ensuite, vous démarrez la progression avec un texte documentaire qui donnera les bonnes réponses. Celui que je vous propose est tiré de l’album dont vous voyez la photo ci-contre. Malheureusement, je crois bien qu’il n’est plus édité.
La première partie du texte est assez compliquée mais les questions de la fiche de travail vont aider à la compréhension. En attendant, vous pouvez comparer la feuille d’arbre à une cuisinière. Les racines lui apportent des ingrédients (l’eau et les sels minéraux), ainsi que l’air, avec son gaz carbonique. Il y a longtemps, ma classe avait bénéficié d’une série d’animations dispensées par des étudiants du lycée agricole de la commune avoisinante. Je me souviens particulièrement d’un jeu de mime expliquant le mode d’alimentation de l’arbre. À tout hasard, j’ai cherché trace de ce jeu sur Internet et là, ô miracle, je suis tombée sur une incroyable pépite !
Niveau pédagogique, ce jeu permet de comprendre et d’intégrer une notion difficile en la vivant corporellement. Normalement, après avoir mimé les deux jeux cités plus haut, vos élèves devraient avoir compris comment l’arbre se nourrit. Il ne reste plus qu’à synthétiser tout ça au moyen d’un schéma, que vous allez mettre en place en séance collective, en faisant appel aux connaissances toutes neuves des enfants. Ci-dessous, le fichier de la silhouette d’un arbre à compléter, et un autre du schéma final, pour vous donner une idée du résultat obtenu.
Si vous parcourez les fiches pédagogiques, vous voyez que l’entrée dans la progression peut être différente de celle que je vous ai proposée. J’ai parlé en introduction de jeux de classe, type mémory ou dominos, comme le suggèrent les fiches pédagogiques. Pour rester dans le thème, le prochain article vous donnera des idées d’utilisation de feuilles d’automne ramassées par les élèves. En naviguant sur les sites, j’avais mis de côté une idée de Dokelem sur les arbres de connaissances. En fait, il s’agit d’un arbre sur lequel j’ai mis les noms des domaines en français ou en mathématiques. Mon idée : quand un élève a validé une fiche du PDT, il prend une feuille sur laquelle il note son prénom puis il va la mettre sur la branche de l’arbre qui correspond. Cela signifie qu’il a des connaissances sur le sujet et qu’il peut peut-être être un référent pour les autres élèves lorsqu’ils rencontrent une difficulté. On change donc d’arbre toutes les deux semaines, c’est-à-dire à chaque nouveau PDT.
Voici pourquoi et comment j’ai mis en place cette méthode. J’ai choisi la porte comme support d’affichage pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle est un lieu de passage fréquent pour tous les élèves, garantissant ainsi une bonne visibilité des compétences affichées. De plus, l’espace mural dans ma classe est limité, et la porte offre une solution pratique. Si cette idée vous séduit, n’hésitez pas à l’adapter selon vos besoins et l’espace disponible dans votre classe. L’important est que les compétences soient bien visibles pour tous les élèves.
En ce qui concerne le public visé, je me concentre uniquement sur le français et les mathématiques pour plusieurs raisons. Ces matières représentent une part importante du programme et sont souvent les domaines où les élèves rencontrent le plus de difficultés. En affichant les compétences spécifiques à ces matières, j’aide les élèves à se concentrer sur les objectifs clés et à comprendre les attentes. Cela leur permet de suivre leur progression et de se sentir plus impliqués dans leur apprentissage.
Afficher les compétences de manière visible et accessible crée un environnement d’apprentissage transparent et motivant. Les élèves peuvent se référer régulièrement à ces affichages pour évaluer leur propre progression et comprendre ce qu’ils doivent maîtriser. Cela renforce leur autonomie et leur confiance en leurs capacités. En conclusion, afficher les compétences sur la porte de la classe est une pratique simple mais efficace pour soutenir les élèves dans leurs apprentissages. Cette méthode peut être adaptée et personnalisée selon les besoins et les contraintes de chaque enseignant.
Pendant chaque vacances, je prépare un document listant les compétences que nous allons travailler lors de la période suivante. Une fois imprimé, je découpe ce document et le scotche sur des affiches plastifiées que j’ai créées. Cela ne me prend pas beaucoup de temps, mais l’impact est significatif. En classe, nous consacrons les premières minutes de chaque nouvelle période à lire ensemble les compétences affichées. J’aime prendre ce temps pour éveiller la curiosité et l’envie d’apprendre chez les élèves. Cela les motive à progresser et à s’impliquer activement dans leur apprentissage. Chaque semaine, nous faisons le point pour voir si nous pouvons cocher certaines compétences. Il y en a toujours au moins une à cocher grâce à la méthode de dictée et d’orthographe que nous suivons.
Je remarque souvent les élèves s’attarder devant la porte, relisant les compétences affichées. Ce comportement montre que cet affichage est utile et pertinent pour eux. Non seulement il leur permet de se situer dans leurs apprentissages, mais il m’aide également à suivre leur progression et à adapter mon enseignement en conséquence. Il arrive parfois que toutes les compétences ne soient pas cochées, et je leur explique que ce n’est pas grave. Les compétences non acquises sont simplement reportées sur le tableau de la période suivante.
En résumé, cette méthode d’affichage des compétences s’est révélée extrêmement positive. Elle favorise un environnement d’apprentissage transparent et motivant. Et puis, j’ai pensé que les élèves devaient aussi se saisir de cet outil pour être véritablement acteurs de leurs apprentissages, savoir se situer et savoir ce qu’il leur reste à apprendre. Voici donc un cahier de progrès: il rassemble toutes les compétences qu’il faut acquérir à la fin de l’année, classées par matières. Chaque compétence est représentée par sa carte. Il a donc 5 occasions de valider sa compétence… ou plus, ce qui permet une évaluation formative. Le principal est que l’élève valide des cases, à son rythme. L’objectif de ce cahier est tout d’abord de permettre aux élèves d’exercer leur métacognition. Ensuite, il se veut aussi être un outil de suivi des élèves: en effet, nous mettons en place des décloisonnements, et les compétences évaluées pourront donc être notées sur ce cahier.
La progression dans les ceintures de comportement y est incluse. Concrètement, les cahiers de progrès resteront dans la classe dans mon classeur de suivi. Quand ce sera le moment, lors des évaluations par exemple, nous pourrons le remplir ensemble. Cela représente du temps, mais pour avoir testé les bilans individuels des plans de travail, je trouve que ce n’est pas du temps perdu: les élèves évoluent dans leur rapport au savoir, à l’école, et deviennent plus responsables. Voici donc mes petits cahiers pour les CP et les CE1. Je les ai imprimés en utilisant la fonction livret d’Adobe; cela représente 4 feuilles recto-verso par élève.
Qu’allons-nous apprendre cette semaine ? cette période ? - Les compétences de la semaine - Les apprentissages de la semaine, de la période… On voit de plus en plus dans les classes des affichages, photocopies A4, A5 contenant les apprentissages de la semaine et/ou de la période fleurir auprès de nos élèves et il était temps. Explicite et pédagogie explicite sont des occurrences que l’on retrouve dans le référentiel de l’éducation et dans les nouveaux programmes. J’ai décidé d’utiliser les placards à disposition dans la classe pour accrocher les noms des matières en laissant l’espace nécessaire pour accrocher plusieurs compétences. C’est un travail long et fastidieux surtout à imprimer, plastifier, découper car il y a des centaines de compétences. J’ai fait tout découper par ma machine de découpe Silhouette Portrait. Chaque lundi ou vendredi soir, j’affiche les compétences de la semaine à venir. Je les présente chaque lundi avant de démarrer la semaine aux élèves. Je donne les exemples de chaque compétence. Mon mur des compétences avait disparu depuis mon changement d’école, il était long à créer pour le CE1. Néanmoins, en réaménageant la classe, j’ai pu trouver un espace plus restreint mais aussi plus simple. Fini les étiquettes, place au feutres à craies sur le papier peint magnétique FERFLEX. Plus simple, moins chronophage et tout aussi efficace.
Les arbres de compétences (ou arbres de connaissances) ont été imaginés dans les années 1990 et ont été rapidement utilisés dans les écoles Freinet. Cette méthodologie pédagogique permet de visualiser les compétences par branches et de suivre l’évolution de chaque élève à travers des « fiches brevet » et des cartes d’évaluation.
En complément, voici les outils pratiques que j’utilise: un cahier de compétences imprimé en format A5 ou A4 plié en 2, des fiches brevet, et des fiches d’animation pour les visites de stage. L’élève produit son animation devant la classe et présente également sa fiche de brevet. Comme nous l’avons vu, les nouvelles compétences acquises en stage sont un prétexte à la mise en croissance de l’arbre des compétences. La mise en place de l’accompagnement personnalisé est un bon prétexte à ce type de fonctionnement pédagogique.

Tutoriel de création de projet de l'enseignement par compétences
En somme, les arbres de compétences permettent d’afficher clairement les objectifs, de favoriser l’autonomie et la métacognition des élèves, et de rendre les progrès visibles chaque période via les cahiers de progrès et le cahier de réussites.
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